Un TER assurant la liaison entre Rouen et Caen a déraillé vendredi 11 septembre 2026, aux alentours de 19h45, à hauteur de la commune de Cléon (Seine-Maritime), entre les gares de Tourville-la-Rivière et Elbeuf-Saint-Aubin. Le convoi, composé de deux rames couplées, transportait environ 186 passagers.

Wagon du TER encastré dans les arbres après le déraillement à Cléon
L'une des voitures du TER, projetée dans les arbres en bordure de voie.

Le bilan fait état de 44 blessés. Une jeune femme de 18 ans, placée en urgence absolue, a été héliportée vers le CHU de Rouen. Les 43 autres personnes blessées ont été prises en charge en urgence relative ; la plupart ont depuis pu quitter les services hospitaliers ou étaient en voie de sortie. Une importante chaîne de secours a été déployée sur place : environ 130 sapeurs-pompiers, cinq équipes médicales et une centaine de véhicules, appuyés par un hélicoptère.

La piste de l'acte de malveillance privilégiée

Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, le déraillement aurait été provoqué par un morceau de rail retrouvé posé ou fixé sur la voie, à l'endroit précis où le train a quitté les rails. L'agent de conduite (ADC) a indiqué aux enquêteurs avoir aperçu cet obstacle sur la voie juste avant le choc, sans pouvoir l'éviter compte tenu de la vitesse du convoi. Les tests de dépistage d'alcool et de stupéfiants réalisés sur le conducteur se sont révélés négatifs.

Le parquet de Rouen, par la voix du procureur Sébastien Gallois, a confirmé que la piste privilégiée par les enquêteurs est celle d'un acte volontaire. L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Rouen, la procureure adjointe Marie-Valérie Albert prévenant que les investigations "seront longues".

Morceau de rail retrouvé sur la voie à hauteur de Cléon
Le morceau de rail retrouvé sur la voie, à l'endroit du déraillement.

Ligne Rouen-Caen toujours coupée, retards jusqu'à Paris Saint-Lazare

L'accident a provoqué la coupure totale de la ligne Rouen-Caen, où des bus de substitution ont été mis en place, ainsi que des perturbations dans les deux sens entre Caen et Le Havre. Le trafic a pu être rétabli dès vendredi soir sur les axes Paris-Rouen-Le Havre et Rouen-Amiens, mais des retards compris entre 2h40 et 3h ont été enregistrés vendredi soir en gare de Paris Saint-Lazare. Samedi matin, la ligne Rouen-Caen restait quant à elle toujours coupée, les équipes de SNCF Réseau devant attendre la levée des lieux par les enquêteurs avant de pouvoir intervenir.

Les deux motrices du TER nez à nez après le choc
Les deux motrices, choquées l'une contre l'autre.
Une rame du TER déraillée, couchée sur le ballast
Une des rames, sortie des rails.
Débris métalliques sur la voie après le déraillement
Des débris arrachés, éparpillés sur le ballast.

L'enquête étant toujours en cours, ces éléments sont susceptibles d'évoluer. Cet article sera mis à jour en fonction des informations communiquées par les autorités.